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Illustration de Fernando Chamarelli

ISBN 9791095604013

19 € – 14 x 20,5 cm

248 pages – 30 illustrations

25 notes connectées

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Sainte Caboche


de Socorro Acioli


Traduit du portugais (Brésil) par Régis de Sá Moreira


Roman réaliste magique


Après avoir parcouru pendant seize jours et seize nuits les paysages hostiles du Nordeste brésilien, Samuel trouve refuge dans une grotte à l’étrange forme de tête. L’endroit parfait pour s’installer paisiblement à l’abri des regards ! Mais il se rend vite compte que, depuis son nouveau repaire, il entend les prières d’amour que les villageoises adressent à saint Antoine. Voilà l’occasion de s’occuper un peu…

Le faiseur de miracles est bientôt célébré dans toute la région. Il a, paraît-il, apporté l’amour à de nombreuses femmes désespérées. Seulement parfois, gloire rime avec déboires. Et Samuel le prophète se retrouve au cœur d’histoires plus compliquées que sa nouvelle vocation ne le laissait prévoir…

Illustration de Fernando Chamarelli

Sainte Caboche


de Socorro Acioli


Traduit du portugais (Brésil) par Régis de Sá Moreira


Roman réaliste magique


Après avoir parcouru pendant seize jours et seize nuits les paysages hostiles du Nordeste brésilien, Samuel trouve refuge dans une grotte à l’étrange forme de tête. L’endroit parfait pour s’installer paisiblement à l’abri des regards ! Mais il se rend vite compte que, depuis son nouveau repaire, il entend les prières d’amour que les villageoises adressent à saint Antoine. Voilà l’occasion de s’occuper un peu…

Le faiseur de miracles est bientôt célébré dans toute la région. Il a, paraît-il, apporté l’amour à de nombreuses femmes désespérées. Seulement parfois, gloire rime avec déboires. Et Samuel le prophète se retrouve au cœur d’histoires plus compliquées que sa nouvelle vocation ne le laissait prévoir…

ISBN 9791095604013

19 € – 14 x 20,5 cm

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Sainte Caboche

de Socorro Acioli

Traduit du portugais (Brésil) par Régis de Sá Moreira

Roman réaliste magique

Après avoir parcouru pendant seize jours et seize nuits les paysages hostiles du Nordeste brésilien, Samuel trouve refuge dans une grotte à l’étrange forme de tête. L’endroit parfait pour s’installer paisiblement à l’abri des regards ! Mais il se rend vite compte que, depuis son nouveau repaire, il entend les prières d’amour que les villageoises adressent à saint Antoine. Voilà l’occasion de s’occuper un peu…

Le faiseur de miracles est bientôt célébré dans toute la région. Il a, paraît-il, apporté l’amour à de nombreuses femmes désespérées. Seulement parfois, gloire rime avec déboires. Et Samuel le prophète se retrouve au cœur d’histoires plus compliquées que sa nouvelle vocation ne le laissait prévoir…

ISBN 9791095604013

19 € – 14 x 20,5 cm

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C’était presque rien, Candeia. Vingt maisons mortes, une vieille église, un reste de place. Quelques constructions qui n’avaient pas de toit, d’autres sans murs, envahies par la végétation. L’air lui-même renonçait à devenir du vent. Difficile de croire que des gens habitaient ce cimetière géant.

L’unique signe de vie provenait d’un bar ouvert. Deux tables en bois devant l’entrée, une camionnette à côté ; assis à l’arrière, un homme et une femme qui s’embrassaient et se pelotaient en écoutant de la musique. Ce patelin était plus triste et plus désolé que Juazeiro do Norte, se dit Samuel, beaucoup plus. À Juazeiro, il y avait des gens, la ville vivait. Parmi les habitants on trouvait toujours une bonne âme comme sa mère, ou une jolie fille, ou un ami plein d’entrain. Candeia était morte. Pire encore à cette heure, lorsque le soleil préparait lui-même son enterrement quotidien.

La mélodie du camion réussit pourtant à égayer un peu Samuel. Il faillit sourire mais son accès de joie fut interrompu par une femme effrayante qui surgit sur le seuil de la porte bleue mal peinte. La bouche pleine de jurons, un balai à la main, elle gueula d’arrêter cette satanée musique.
Le camionneur lui répondit en l’appelant par son nom :

— Il est où ce café, Helenice ? Arrête un peu de jurer, vieille bique !

Par la même porte sortit une fille, bien jeune, qui apportait une thermos rouge et deux tasses. Elle rentra et réapparut aussitôt, chargée cette fois de deux assiettes, quatre petits pains, deux bananes cuites et un pot de margarine.

— Cinq reais, ordonna Helenice, la main sur la thermos. On mange que si on paie.

L’homme régla sans cesser de se moquer de la patronne. Visiblement ivre, il essayait de mordre la femme à l’arrière de la camionnette. Celle-ci était mal vêtue, misérable, à moitié nue, laide, jolie, heureuse, et que tout ça tienne dans la même personne semblait quasiment impossible.

Samuel envia le camionneur. Lui n’avait même pas de quoi manger en cette fin d’après-midi, ou de sa vie. Il se remémora Mariinha préparant des crêpes de tapioca avec le café. Ses souvenirs de sa mère étaient comme ça, ils débarquaient à tout moment, sans bruit, des photos de sa mémoire, des instantanés. Accompagnés quelquefois d’une odeur, toujours la même. L’odeur de sa mère.

Helenice rentra avec son balai et la jeune fille se dirigea vers le côté de la maison. Samuel la suivit, sans songer que sa présence serait encore plus terrifiante dans la pénombre.

— Vous auriez un bout de pain, pour l’amour de Dieu ?

Il s’étonna lui-même de s’entendre invoquer le nom de Dieu pour demander du pain. Ses années dans le Horto lui avaient enseigné que le seul moyen d’émouvoir les gens dans ce coin perdu du monde, c’était la menace d’un Dieu qui voyait tout et ne tolérait pas le manque de charité.

Socorro Acioli

Socorro Acioli

Auteure

Fortaleza, Brésil

Socorro Acioli, née à Fortaleza, a commencé sa carrière en littérature jeunesse et l’un de ses titres a remporté 
le prestigieux prix Jabuti en 2013. En 2006, elle est repérée par Gabriel García Márquez lors d’un atelier d’écriture et décide de se consacrer à la littérature pour adultes et au journalisme. Ce parcours original explique aujourd’hui son talent pour les contes teintés de critique sociale. Elle écrit actuellement son troisième roman.

Régis de Sá Moreira

Régis de Sá Moreira

Traducteur

France-Brésil

Régis de Sá Moreira est romancier et traducteur. Né en 1973 d’un père brésilien et d’une mère française, il a vécu plusieurs années au Brésil et aux États-Unis. Sainte Caboche est le premier roman qu’il traduit de sa langue paternelle.

Son interview sur le blog de Belleville éditions.

Fernando Chamarelli

Fernando Chamarelli

Illustrateur

São Paulo, Brésil

Fernando Chamarelli a été formé au graphisme et aux arts visuels à l’université de São Paulo. Il commence sa carrière en tant que créateur de bande dessinées et caricaturiste, et s’implique par la suite dans l’univers du street art brésilien. Ses illustrations sont faites de mosaïques complexes et hypnotiques aux formes géométriques et organiques inspirées de la culture populaire brésilienne et de l’art précolombien.

Sainte Caboche est le premier livre qu’il illustre.

Ils parlent du livre

Même au Brésil, A Cabeça do Santo est une lecture dépaysante. Socorro Acioli parle de ce Nordeste déshérité, quand l’essentiel de la production littéraire s’écrit dans le Sud prospère. Sa traduction reflète l’internationalisation croissante d’une littérature brésilienne encore peu connue.

Chantal Rayes | 18/03/2017

La Brésilienne Socorro Acioli impose avec talent la quête parricide d’un homme résolu au tragique de son existence. Entre récit initiatique et satire de l’exploitation industrielle du religieux.

Benoît Legemble | mars 2017

Ce roman « réaliste magique » plein de gris-gris est une heureuse surprise à double titre : écrit par la protégée de García Márquez, il inaugure une nouvelle maison de livres connectés.

Nathalie Six | mars 2017

Un roman ambigu, tout empreint d’une magie domestique, rurale, d’un humour de farce et – Brésil oblige – de cet état mélancolique si particulier qu’est la saudade.

Julien Delorme | 09/03/2017

On sent une réelle tendresse et une vraie humanité qui se dégagent de l’écriture de Socorro Acioli: son roman se lit d’une traite et avec délice.

Caroline | 13/03/2017